Mémorandum FEDOM 2019-2024

La FEDOM (Fédération wallonne de services d’aide à domicile) est une Fédération d’employeurs du secteur SAFA (Services d’Aide aux Familles et aux Ainés). Elle réunit 11 services d’aide à domicile (plus de 3.000 travailleurs) prestant chez près de 19.000 ménages sur l’ensemble de la Région wallonne. 

Le secteur SAFA fait face à une demande grandissante (notamment due au vieillissement de la population) et à une réelle complexification et diversification des besoins des Wallons souhaitant en priorité rester à domicile plutôt que d’intégrer un hébergement en institution (pour des raisons financières et/ou par volonté de rester dans son cadre de vie). 

C’est dans ce contexte, que la FEDOM vous présente les points de son mémorandum 2019-2024 décliné en 3 axes.

Axe 1 : développer l’offre de services SAFA afin de répondre qualitativement et quantitativement aux besoins de la population wallonne (personnes aidées et aidants proches) tout en rendant cette offre plus accessible

Priorités 

  • Maintenir un système de contingents d’heures d’activité financées en aides familiales (AF) et créer des contingents pour les autres prestataires : gardes à domicile (GAD), aides ménagères sociales (AM sociales), ouvriers polyvalents (OP).
  • Etablir un mécanisme de financement récurrent pour augmenter les ressources financières du secteur et définir une norme de croissance pluriannuelle de l’activité de tous les prestataires par paliers.
  • Garantir une intensité d’aide adéquate multi-métiers (AF, GAD, AM sociale) au moins égale au plafond actuel (250 h/trimestre) pour tous les publics à aider : personnes malades, âgées, handicapées, atteintes de troubles mentaux ou psychologiques, les adultes précarisés et les familles en difficulté.
  • Garder une offre suffisante pour les heures prestées en horaires dits "inconfortables" et pour le travail de nuit (AF et GAD).
  • Revoir les barèmes de contribution des bénéficiaires à la baisse pour rendre l’aide plus accessible. Un travail coordonné au niveau du secteur a déjà été réalisé à ce sujet et pourrait être rapidement testé.
  • Adapter les normes d’encadrement à l’ensemble des métiers de prestataires :
    • 1 ETP (Equivalent Temps Plein) d’encadrement social pour 15 prestataires 
    • 1 ETP d’encadrement administratif pour 20 prestataires
  • Maintenir l’aspect relationnel au cœur des prestations. Il s’agit d’une réelle plus-value recherchée par les bénéficiaires. 

Mais encore…     

  • Favoriser des mesures concrètes de transition entre le domicile et les secteurs résidentiels (hôpitaux, MR/MRS (Maisons de Repos/Maisons de Repos et de Soins), centre d’hébergement pour personnes handicapées, maisons psychiatriques, hébergement d’aide à la jeunesse…) qui sont essentielles pour les nombreux bénéficiaires passant de l’un à l’autre.
  • Soutenir les besoins en réunions d’équipe et temps de coordination.
  • Financer les postes de directions nécessaires.
  • Offrir plus de formules de répit pour les aidants proches (GAD répit pour les accompagnants de personnes handicapées, aide en cas de naissances multiples, …).

Axe 2 : valoriser les métiers du domicile et déployer les filières de formation afin d’assurer le recrutement suffisant de personnel qualifié et répondant aux exigences et spécificités des fonctions de l’aide à domicile

Priorités  

  • Mettre en œuvre un protocole d’aide et de soins en concertation avec le secteur du domicile (délégation de certains actes infirmiers notamment aux AF afin d’apporter l’aide adéquate aux bénéficiaires) et adapter les textes aux niveaux fédéral et régional en fonction.
  • Adapter les formations de la grappe métier de l’aide à domicile à la réalité du terrain et en lien avec les nouveaux statuts professionnels des AF/GAD/AM sociales (finalisés par le secteur et prêts à être publiés) et le protocole d’aide et de soins.
  • Etablir un plan d’action concret afin d’intensifier l’offre de formation et de préformation des prestataires sur certains Bassins d’emploi et financer correctement les Centres de formation professionnelle.
  • Favoriser des passerelles pour les métiers voisins identifiés par le SFMQ (Service Francophone des Métiers et des Qualifications) et informer les (futurs) professionnels des parcours de formation possibles.

Mais encore… 

  • Faciliter l’accès au permis de conduire (à inclure dans la formation de base) et faciliter l’acquisition d’un véhicule pour les prestataires, souvent en difficulté pour financer cet outil de travail primordial.
  • Rémunérer des postes d’accompagnement des stagiaires, augmenter les heures reconnues d’encadrement des stagiaires par leurs pairs, et organiser une meilleure répartition des stages sur l’ensemble de l’année scolaire.
  • Financer la formation des AM sociales données dans les services SAFA lorsqu’elles sont engagées sans avoir suivi de formation spécifique.
  • Favoriser la transition professionnelle entre secteurs TS (Titres-services) et aide à domicile (cela permettra également de consolider la situation économique de ces travailleurs).
  • Faire une campagne d’informations sur les métiers du domicile pour le grand public.              

Axe 3 : assurer une gestion simple et efficace de l’administration du secteur SAFA en concertation avec les différents acteurs

Priorités 

  • Maintenir l’administration du secteur SAFA au niveau de l’Administration de la Première Ligne d’Aide et de Soins de l’AViQ (Agence wallonne pour une Vie de Qualité) en la simplifiant et en l’adaptant à une offre de service multi-métiers.
  • Maintenir une concertation trimestrielle entre le secteur SAFA et l’Administration de la Première Ligne d’Aide et de Soins de l’AViQ.
  • Reconnaître et financer le travail de concertation des Fédérations d’employeurs.
  • Soutenir les investissements informatiques des services en lien avec les adaptations demandées et dans le cadre d’une simplification administrative (équipements et logiciels).

Mais encore… 

  • Créer des indicateurs de l’évolution des besoins et demandes d’aide à domicile de la population wallonne en lien avec les recherches universitaires et les travaux de l’IWEPS (Institut wallon de l’Evaluation, de la Prospective et de la Statistique).
  • Financer l’amélioration énergétique des bureaux des SAFA.
  • Adapter la définition des zones à faible densité de 120 habitants/km2 vers une définition des zones à moyenne densité de 500 habitants/km2.
  • Garantir aux services le financement des subventions provinciales et des CPAS (Centres Publics d’Action Sociale) ou les compenser dans le subside de base des SAFA. 

Pour conclure 

La FEDOM prône une gestion pluraliste et une bonne gouvernance du secteur. Il faut également garantir le libre choix des bénéficiaires quant à leurs opérateurs d’aide.

Enfin, les besoins de la population wallonne sont conséquents et croissants. La FEDOM reste attentive et soutient toutes les initiatives qui pourraient réduire l’empreinte écologique des moyens mis en œuvre pour répondre à ces besoins (déplacements importants., …).

Pour la réforme APE, la FEDOM défend les points figurant dans le communiqué de l’UNIPSO téléchargeable.

Nous sommes disponibles pour tout complément d’information ou rencontre afin de discuter de l’avenir et des enjeux du secteur SAFA.